Accueil > Corner RH > Stratégie Digitale > Le digital donne un nouveau souffle aux universités d'entreprise
Partager Partager Imprimer
Partagez cet article

Le digital donne un nouveau souffle aux universités d'entreprise

Publié le 13 Novembre 2015


L'université d'entreprise, un succès jamais démenti

Les premières universités d'entreprise ont vu le jour en France au milieu des années 2000.

D’abord réservées aux dirigeants, à leurs successeurs ainsi qu'aux hauts potentiels au travers de thématiques managériales, elles ont progressivement investi l'ensemble des fonctions de l'entreprise, en commençant par les fonctions supports (RH, Finance, HA, …) puis se rapprochant des fonctions cœur de métier (marketing, supply chain, sales, etc).

Leur but ? Favoriser le développement d'une identité et d'une culture commune, partager un socle de valeurs et développer le collaboratif au travers d’une offre de formation dédiée.

La mise en œuvre des universités d’entreprise a été facilitée par l'essor du talent management et de pratiques comme les people reviews, la gestion des hauts potentiels, ou encore l'élaboration de plans de développement individuels.

Ces universités ont ainsi facilité le déploiement des politiques RH et ont été un appui précieux à l'organisation et au développement des filières métier, en allant bien au-delà des simples besoins de développement de l’expertise métier.


Les limites des précédents modèles

Si les objectifs initiaux ont été globalement atteints, force est de constater que l'essor des universités d'entreprise a rencontré de nombreux freins depuis la fin des années 2000.

La crise de 2008, tout d'abord, a mis un terme aux dispositifs de développement collectif jugés trop coûteux. Ainsi le collaboratif basé sur des rencontres nécessitant des déplacements coûteux a été fortement limité.

Par ailleurs, l'offre des universités n'a pas été suffisamment renouvelée et a été perçu comme vieillissante et de moins en moins attractive par les cibles concernées.

Enfin le digital, quand il était intégré à l'offre de l'université, était souvent peu adapté à la réalité des besoins. Des e-learning trop longs, peu ludiques et trop éloignés du concept learning by doing.


Des conditions actuelles particulièrement favorables au renouveau des universités d'entreprise

Ces dernières années, nous avons constaté un net regain d'intérêt de la part de nos clients pour ce type de dispositif. Nous pensons ainsi qu'il existe une véritable conjonction de phénomènes qui justifie de réinvestir ce champ, mais en renouvelant les approches.

  1. Sur le plan économique, les entreprises ne peuvent pas indéfiniment retarder leurs investissements. Plus particulièrement sur le champ RH, il est généralement admis que le développement du capital humain donnera aux entreprises de nouveaux leviers en matière d’innovation et de transformation.
  2. Par ailleurs, les entreprises ont depuis quelques temps accéléré leurs programmes de transformation. Elles sont passées d’une logique de réduction des coûts à une logique de transformation en profondeur de leur business model. Ces transformations nécessitent un accompagnement RH renforcé qui soit pensé de manière globale (des parcours de développement par exemple) et pas uniquement au travers de politiques ou de processus RH.
  3. Enfin, les possibilités offertes par le digital permettent de penser ces dispositifs de manière radicalement différente.

De nouvelles perspectives offertes par le digital

Les universités d'entreprise étaient-elles jusqu'à présent réellement conçues pour le collaborateur et au service de
celui-ci? Pas tout à fait !
Mais à cela rien d’illogique puisque la relation collaborateur suit en général les mêmes évolutions que la relation client avec quelques mois de décalage.

Au même titre que le digital révolutionne la relation client (on parle à présent de customer success management), il permet de réinterroger en profondeur la relation collaborateur et notamment la façon de concevoir et délivrer les services qui lui sont dédiés.

Il ne s'agit pas, alors, de proposer un modèle tout digital des universités d'entreprise mais plutôt une logique équilibrée de type web-to-store.

Accroitre la place du digital dans les universités d'entreprise permet en effet d'ouvrir de nouvelles perspectives :

  • Tout d'abord, sur le plan économique, le coût marginal des services digitaux tend vers zéro. Ainsi, contrairement à une formation présentielle dont le coût est le même pour chaque nouvel inscrit, il se rapproche de zéro pour ce qui est des formations digitales.
  • Un mix digital/présentiel (par exemple des rencontres entre professionnels adossées à du community management) permet de dégager des marges de manœuvre budgétaires et de rentabiliser très rapidement l'offre de services de l'université.
  • Le digital permet également d’innover sur le plan de l’offre et des services. Les possibilités offertes en matière de collaboratif, de vidéo, de couplage de mode synchrone/asynchrone ou encore de mobilité sont aujourd’hui sans limites.
  • En définitive, le digital permet de corriger les défauts inhérents aux anciennes générations d’universités d’entreprise : proposer une « expérience apprenant » unique, en embarquant les collaborateurs dans des dynamiques à la fois collectives et individuelles, et en créant de l’émulation entre « pairs ».

Faire rentrer l’université d’entreprise dans la "poche" de chaque collaborateur

Nous l’avons vu, les opportunités à saisir pour faire des universités d’entreprise un outil quotidien du développement individuel et collectif, existent.

Toutefois, le digital n’est pas une recette miracle.

Le succès des universités d’entreprise repose également sur la capacité à concevoir une offre à valeur ajoutée, avec des techniques de segmentation permettant de « pousser » la bonne offre au bon collaborateur et au bon moment.

Elles doivent donc pouvoir s’appuyer sur un marketing stratégique et opérationnel de très bon niveau. C’est sans doute un champ sur lequel il existe encore des marges de progrès. Le digital en offre l’occasion.


 

>>> retour au Corner RH