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Parité : une évolution discrète des femmes aux comités de direction

Publié le 25 Septembre 2014

Des salaires moindres, des postes de direction encore difficiles d’accès… Même si le constat n’est pas nouveau, la récente étude menée par le groupe Obea pour le compte du Trophée du Capital Humain a confirmé que « la représentation des femmes aux postes de direction » est bien l’inégalité la plus citée par les salariés.

Le benchmark[1] (dont nous allons vous exposer les résultats) a été entrepris dans le but d’une part, de confirmer ou réfuter cette idée partagée par les salariés et d’autre part, de présenter une vue d’ensemble sur la parité actuelle hommes-femmes dans les comités exécutifs des grandes entreprises.

En effet, au-delà des exigences légales concernant la féminisation des conseils d’administration, la représentation des femmes au sein des comités de direction constitue également une priorité. Pour accélérer cette évolution, des conventions ont été établies entre les entreprises et le ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Mais qu’en est-il vraiment aujourd’hui de cette parité ?


Les résultats sont particulièrement saisissants : prenez le comité de direction de n’importe quelle entreprise française du SBF 120, et vous remarquerez malheureusement que la parité n’est toujours pas respectée : la part des femmes est toujours inférieure à celle des hommes.

L’étude du groupe Obea met en lumière plusieurs faits illustrant cette inégalité :

Une non-mixité des comités de direction

Un métier est considéré comme « mixte » à partir du moment où le deuxième sexe est représenté à au moins 40%. Partant de cette logique, seules 4 firmes parmi les 120 premières respecteraient le principe de mixité au sein des codir.

De manière globale, les femmes ne représentent que 1/9 des directeurs siégeant aux comités exécutifs. Elles sont tristement absentes du comité exécutif pour plus du tiers des entreprises sur lesquelles porte l’étude.

PDG : un statut exclusivement masculin ?

Parmi les PDG/DG des 120 premières capitalisations boursières françaises, aucune femme n’est y représentée. Pourtant, les grandes entreprises sont les plus sensibles à la question de l'égalité, de la mixité voire de la parité homme/femme.

Les femmes à la direction de certaines fonctions

La représentation des femmes est cependant plus forte au sein des directions suivantes :

  • Direction Communication & Marketing : unique direction dans laquelle la présence féminine est supérieure à celle des hommes
  • Direction des Ressources Humaines
  • Direction Juridique

Il semblerait donc que certaines fonctions soient plus accessibles que d'autres pour évoluer dans l’entreprise lorsqu’on est une femme.

Alors qu’aujourd’hui, la parité est presque atteinte dans les conseils d'administration grâce à la loi, elle reste encore à la porte des comités de direction. Néanmoins, une progression discrète est identifiée puisque les effectifs des femmes dans les comités exécutifs ont évolué de 8% en 2011 à 11% en 2014.

Est-ce là un tout premier pas vers une mixité en vue d’atteindre la parité au sein des comités de direction ?

De nombreux efforts restent, en tout cas, encore à accomplir, d’autant plus que dans une étude intitulée « Les femmes, le travail et l'économie; les gains macroéconomiques (à attendre) d'une égalité des sexes» dévoilée l’année dernière, le FMI soulignait que la promotion des femmes aux postes de direction était la solution à la morosité économique.


Or, si l'on veut que les femmes accèdent davantage aux postes de direction, cela implique :

  • une condition de flexibilité du travail. Une étude publiée en juillet 2013 par CATALYST a confirmé l'importance du travail flexible pour permettre aux femmes d'accéder aux échelons supérieurs de l'entreprise.
  • une évolution des mentalités selon lesquelles il revient aux hommes d’occuper des postes impliquant des décisions stratégiques.

Cette démarche culturelle de longue haleine est nécessaire pour que les entreprises puissent exploiter pleinement le potentiel de leur personnel féminin. Mais également pour que la parité homme/femme soit enfin respectée à tous les niveaux, surtout au sein des comités de direction où tout un travail de réflexion doit être mis en place.


[1] Le benchmark a été réalisé sur la base d’un échantillon total de 120 entreprises; en ayant pour référence l’indice SBF 120 (juillet 2014).

 

 

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