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L’Engagement by Design

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Big quit, quiet quitting, conscious quitting, brown-out, bore-out… Et si le problème n’était pas le désengagement de vos collaborateurs, mais la façon dont votre organisation a conçu, ou plutôt n’a pas conçu, les conditions de leur engagement ?  

Ces dernières années ont vu émerger un vocabulaire symptomatique d’un malaise profond. Les collaborateurs ne trouvent plus de raison suffisante pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Et on empile les initiatives pour essayer de palier la détresse : enquête de satisfaction, team building, plan de formation, et on attend… 

Cette approche a un défaut fondamental : elle traite l’engagement comme un état à mesurer, alors que c’est une dynamique à concevoir. 

Adhésion, appropriation, action 

Depuis les travaux fondateurs de Maslow dans les années 1950, avec les recherches de William Kahn qui ont formalisé le concept dans les années 1990, jusqu’à son inscription au cœur des stratégies d’entreprise depuis les années 2000, l’engagement a traversé les théories et les modes managériales. Il en ressort trois invariants stables, qui résistent au temps et aux contextes. 

L’adhésion d’abord : l’alignement cognitif avec les valeurs et la mission, ce que la raison valide. L’appropriation ensuite : le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand que soi, ce que l’émotion ressent. L’action enfin : la contribution volontaire, le « extra mile », ce que les actes traduisent au quotidien. 

Ces trois dimensions forment un tout indissociable. Un collaborateur peut adhérer intellectuellement aux valeurs de son entreprise sans pour autant se sentir appartenir à son équipe. Un autre peut être motivé par son métier sans trouver de sens à la direction stratégique. L’engagement total, c’est quand les trois niveaux s’alignent simultanément. 

C’est souvent là que le bât blesse, car les organisations mesurent une dimension en ignorant les deux autres. 

Un état dynamique 

L’engagement n’est pas binaire. Ce n’est pas non plus un état permanent. C’est un état flexible, qui évolue en fonction des transformations sociétales, de la qualité des interactions collectives, et du parcours individuel de chaque collaborateur. 

Les données BCG sur la période 2014–2023 l’illustrent parfaitement : les priorités des salariés se sont profondément recomposées. En 2014, la reconnaissance du travail arrivait en tête. En 2023, c’est la sécurité de l’emploi qui prime, reflet direct d’un contexte économique et géopolitique anxiogène. Parallèlement, la quête de flexibilité, de sens et de développement personnel s’impose comme un dénominateur commun transgénérationnel, de la Gen Z aux seniors en transition. 

C’est là que réside l’erreur la plus répandue : traiter les équipes comme un bloc homogène. Un nouvel arrivant en début de carrière, avide de structure et de reconnaissance, n’a pas les mêmes leviers d’engagement qu’un expert confirmé de dix ans d’ancienneté, en quête d’impact et de contribution significative. Le Career Builder qui veut de l’autonomie n’attend pas la même chose que le collaborateur en transition, qui a besoin de flexibilité et de confiance. L’Engagement by Design, c’est partir de cette réalité. 

Concevoir l’engagement comme on conçoit une expérience utilisateur 

C’est ici qu’intervient le concept que nous portons chez Obea. Inspiré des méthodes du design thinking et de la Value Proposition Designl’Engagement by Design repose sur une idée simple : l’engagement se conçoit, avec les collaborateurs comme « utilisateurs », et les managers comme architectes d’expériences. 

Concrètement, cela implique d’abord de partir du profil réel, et non du profil idéal. Chaque collaborateur porte ses gains attendus, ses irritants quotidiens, ses aspirations profondes. Les cartographier permet d’identifier les leviers qui comptent vraiment, et non ceux qu’on imagine pertinents depuis la direction. 

Cela suppose ensuite d’activer les bons leviers au bon moment. L’engagement a une dimension court terme, la satisfaction immédiate : les basiques sont-ils couverts ? Et une dimension long terme, celle de la motivation profonde : peut-on se projeter ici ? Ces deux registres ne s’abordent pas de la même façon, ni avec les mêmes outils. 

Cela exige également de faire du manager le premier levier. La qualité de la relation avec le manager direct reste l’un des facteurs les plus constants de l’engagement ou du désengagement. Concevoir l’engagement, c’est donc aussi former, outiller et repositionner les managers non plus comme contrôleurs, mais comme enablers autour de quatre postures clés : donner de la perspective, cultiver la relation, développer l’intelligence collective, et créer les conditions de croissance. 

Cela conduit enfin à penser l’équation dans sa globalité. Nous la formalisons ainsi, dans ce que nous appelons l’équation SaMEP : 

Engagement = (Satisfaction + Motivation) × Expérience vécue × Passion 

Chaque terme se travaille et se pilote. Et surtout : si l’un des facteurs multiplicateurs tombe à zéro, toute l’équation s’effondre. 

L’Engagement by Design n’est pas une nouvelle étiquette sur de vieilles pratiques. C’est un changement de paradigme : passer d’une logique de mesure à une logique de conception.
Passer de « comment savoir si nos équipes sont engagées ? » à « comment créer les conditions structurelles, relationnelles et symboliques pour que l’engagement émerge et dure ? »
 

Pour les DRH et les managers qui nous lisent, la question à poser dès demain matin n’est pas « quel score a obtenu mon équipe à la dernière enquête ? », mais : « qu’est-ce que je mets en place, concrètement et de façon intentionnelle, pour que chaque collaborateur trouve dans son quotidien professionnel une raison de s’engager pleinement ? » 

L’engagement ne s’espère pas. Il se conçoit. 

2 avril 2026


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